Bouge !


On m'a dit : "bouge avant que la planète pète". "Désolé pour l'environnement et la globalisation on n'a pas su. "Maintenant, il y a "urgence d'agir" et "faut que ç'bouge" (ce sont les slogans de cette Agora Jeune Citoyen). Mais les jeunes les ont déjà entendu mille fois, dix mille fois, trop de fois. L'humanité a peur. Elle est malade dans la tête je vous l'assure ! Sinon, comment expliquer qu'elle vomisse ainsi sur ses jeunes sa propre angoisse ? Toujours, les jeunes ont porté des rêves et des projets de société. Mais nous n'y avons pas droit. Les enjeux sont trop sérieux alors à la place du rêve, on nous a confié des problèmes ... à résoudre !!!! Et nos seuls projets sont des solutions.  Je proteste.

Je proteste car il n'y aura pas de solutions. L'environnement, la folie du sensas, le consumérisme ambiant, l'économisme triomphant, la faim, la guerre et la planète qui cuit, ça étourdit.  Et ça vous étourdit aussi. Vous attendez quoi des jeunes alors ?

Ce qui est curieux à AJC, c'est la joie, la simplicité et le bonheur avec lequel nous échangeons, et la gravité des enjeux qui en sont l'objet. Mais ce n'est pas curieux ; c'est légitime. Pour ne pas devenir fou. Aussi parce que les problèmes nous les connaissons mais ils nous dépassent. 

Ici, à la Marlagne, nous sommes 80 jeunes de 14 pays. C'est la fête, le partage, la rencontre, la fraternité et le contact direct. Vous savez, cette compréhension de l'autre qui échappe à la télévision ? L'échange comme remède à l'incompréhension. N'allez pas croire que nous sommes superficiels.  Mais nous avons droit au bonheur.  A l'urgence d'agir, nous opposons le bonheur d'agir. C'est dans la rencontre interculturelle que nous trouvons ce plaisir d'agir et que nous cultivons à notre manière l'humanité. Nous cultivons la relation.  Nous oeuvrons à bâtir une humanité de relation véritable. Vous en parlent-ils à la télévision ?

Ici, entre nous, jeunes, nous avons déjà dépassé les problèmes. Voyez notre message.

La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un coeur d'homme.
Albert Camus

 

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