Linguistique langage

Même si nous sommes tous réunis sous, entre autre, le thème de la francophonie, nous n'entretenons pas nécessairement la même relation avec la langue de Molière... Pour sonder les opinions quant à l'usage de la langue du digne auteur ou alors à l'AJC, 2 reporters dans le feu de l'action...

Hongrie

La Hongrie n'est peut-être pas le pays le plus éloigné de la Belgique géographiquement et culturellement, il reste que côté langue, on retrouve peu de racines communes entre le hongrois et le français! Étudiante de tout juste 18 ans, Csilla a choisi de suivre des cours de français il y a trois ans, et ce, même s'il y a peu d'opportunités de le pratiquer en Hongrie, car cela lui semble un “plus” pour voyager ou pour un emploi. Elle croyait d'abord visiter Bruxelles et en apprendre sur les Belges et finalement c'est plutôt en banlieue namuroise qu'elle rencontrera des francophones venus de trois continents! C'est pas plus mal, mais bon, fort différent... “Si j'avais su, je ne serais peut-être pas venue” dit-elle, mais bon, tant qu'à y être autant y aller à fond! C'est une super opportunité d'apprendre, un véritable bain, mais parfois la langue devient une barrière, plus qu'une fenêtre. Elle prend quand même tout cela fort bien et dit réellement tirer profit de son expérience. “Je crois avoir beaucoup appris sur différentes cultures ici, et en plus, d'autres ont pu en apprendre sur la Hongrie”. Chapeau pour le courage Csilla !

Luxembourg

On dira ce qu'on voudra, mais même si le Luxembourg est un petit pays, ses représentants en mettent plein la vue. Eh oui, ils sont presque tous polyglottes ! 


Stéphanie

Pour Stéphanie, qui n'a quand même que 18 ans, parler quatre langues semble être tout à fait naturel, et à l'entendre discuter en français on ne dirait vraiment pas que c'est sa troisième langue! Langue qui lui parait importante et surtout utile, puisque le Luxembourg est tout à côté de pays francophones. De l'AJC elle souligne les merveilleuses opportunités de rencontres et de discussions, des points forts, mais aussi le peu de cohérence entre le discours que l'on y tient et les gestes qu'on y pose. C'est effectivement là que le bât blesse, par exemple la nourriture, qui est souvent jetée, ou encore un choix de produits pas toujours local, ce cher Coca-cola s'étant infiltré jusqu'à notre bar... “citoyen”! À quand les actions qui suivront nos belles paroles?

Rwanda

Le grand gagnant du concours AJC-Agissons, médiatisé par l'association belge pour la formation professionnelle des jeunes à l'étranger est ici présent pour nous communiquer son langage.


                      Michaël

 

 

Freelancer sur une radio rwandaise, entre deux séquences, Michael, 26 ans ; a réussi à capter les ondes et les vibrations que le BIJ diffuse au travers de ses actions : la loterie a joué son tour de rôle et les vibes ont voyagé jusqu'en Wallonie. Et oui, tout est possible... de tout en un, d'un échange francophone à une rencontre culturelle, une langue peut en cacher bien d'autres. Slamant sur une plate forme de 5.5 identités linguistiques, Monsieur parle le français et + ou – l'anglais qu'il a apprit à l'école; tout autant que quatre langues africaines apprises lors de voyages personnels. Pour l'histoire, c'est avec 3 fois la taille de notre sac-à-sec que notre cher amis s'est redécouvert dans de nouvelles ouvertures, car parler une langue, c'est vivre avec un guide Michelin qui se balade dans votre esprit. Au total, Michael comptabilise un bagage qu'il traduit par et dans, le Kinyarwanda (Rwanda), le Lingala (RDC: langue natale), le Swahili (Tanzanie), mais encore le Kirundi (Buranji). On pourrait penser que l'obligation culturelle d'apprendre une autre manière de penser puisse décristaliser et déraciner un certain intérêt pour la culture, du fait de son caractère. Pourtant, le français pour Michael, est une source d'inspiration et avant toute chose une sensibilisation culturelle. C'est au travers de la richesse du dialecte musical et par l'apport de la rédaction institutionnalisée qu'il continue de perfectionner et de découvrir par la lecture l'envergure du “bon parler français”. Son regard par rapport à l'Agora est et reste que la rencontre et l'échange des humains, entre humains par et pour les humains, est le plus important. Ses remarques mettent l'accent sur des revendications communes à tous dans la différence, l'envie et le plaisir de se connaître afin de développer cette dynamique positive. Son message: accomplissons un retour pragmatique de notre rencontre par l'échange.

 

Reportage : Jeanne-Marie Frère et Geneviève Bois
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