Pensées, confidences 
et autres histoires 
"Duty-lité"publique...

Claude Duty est un éternel jeune homme dans la tête comme sur la pellicule malgré les dizaines de printemps bien parcourus. Ce "faiseur de rêves" attachant a englouti les kilomètres de Rouen à Huy pour notre plus grand bonheur... Décadenassant sans retenue les portes de son jardin secret qu'est le 7e art, il a présenté quatre de ses courts métrages à des étudiants cinéastes ayant préféré les salles obscures aux bancs d'auditoires... Après quoi, il s'est confié sur son oeuvre et à répondu sans retenue aux craintes (financières, de carrière...) d'un public avide de connaissances.


Claude Duty : autodidacte sur le tas ... pas sur le tard !


Même s'il a déjà imprimé sur bobine 21 courts métrages (un par an) et qu'il s'est attelé depuis peu aux longs métrages avec en 2002 "Filles perdues, cheveux gras!" (nominé aux Césars en 2003 s'il-vous-plaît !) et "Bienvenue au gîte" sorti en septembre dernier, Claude n'a jamais étudié le ciné. Une évidence puisqu'à son époque, les écoles n'en étaient qu'à leurs premiers balbutiements même s'il a appris énormément à l'atelier ciné durant ses études de graphisme... et "bricolé" passionnément avec ses potes avec l'aide d'ancestrales caméras Super 8 durant sa tendre jeunesse... Il insiste bien : de nos jours, les études sont intéressantes (si pas indispensables, ne serait-ce que pour le maniement du matériel et l'étude de techniques majeures) mais avoir SA propre pâte prime !

Lui, il aime filmer. C'est son dada. Mais plus encore, il aime surtout expérimenter de nouveaux styles innovants. Exemples parmi d'autres : à l'heure où tout est formaté et clean, Claude Duty gratte la pellicule avec son cutter bien aiguisé. De cette action sougrenue, des traits blancs naissent sur l'écran et les acteurs jouent avec ceux-ci. Insolite à regarder...

Ou encore filmer  - image par image - dans sa cuisine divers légumes "suicidaires" (une tomate qui se plante un couteau dans la chair ou une carotte plongeant dans un mixer...). Ce déplacement de quelques millimètres à chaque prise dans l'espoir de leur donner subitement vie est une réussite amusante... Le banal devient surréaliste et l'humour noir made in Duty provoque un rire garanti!

En toute simplicité et harmonie

Bref, à l'heure où les cachets des stars valent plusieurs gros lots accumulés du Lotto par film, où les bugdets faramineux ont autant de zéros que ceux que Toto a accumulés dans ses bulletins scolaires et où l'on ne prêche plus que le numérique, il est pourtant encore possible de découvrir ou redécouvrir des personnages comme Claude Duty qui nous offrent du cinéma sympathique, pur, réfléchi, pour le plaisir... Espérons que les jeunes suivront ses coups de manivelles...

Ainsi, certains feront des longs métrages comiques. D'autres quelques courts mais trash! (Huy, je sais, c'est un véritable festival - cinématographique - de jeux de mots inévitables!)...

L'ambiguité économique du DV

Envie de prolonger le plaisir ? : www.claudeduty.com


Reportage : Thomas Turillon - MJ Brugelette