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Violence des échanges 
en milieu tempéré : 
Jérémie Renier


Le Rendez-vous

Dimanche 15 février. 16h30. J'ai rendez-vous avec Jérémie Renier. Il
m'attend dans une chambre d'hôtel. Les attachées de presse s'affairent à
réaliser du mieux qu'elles peuvent leur boulot et font défiler les journalistes. Un vrai travail à la chaîne ... humaine. Elles me chuchotent : "Tu vas voir, c'est dingue comme il est sympathique ce Jérémie! ". Elles n'ont que des éloges à me confier à propos du jeune blondinet. Et de fait, elles avaient parfaitement raison.

Je suis stressé comme pas deux à l'idée de rencontrer celui qui m'avait impressionné avec son rôle d'Igor dans "La promesse" des "Dardenne Brothers"... C'était il y a 8 ans. Déja ! La poignée se baisse d'un geste assuré. La porte s'ouvre. Il ne manquait plus qu'un roulement de tambour. A la place, Jérémie souriant sort dans le couloir. Le voilà enfin! 


Jérémie Renier

La rencontre

Il me crie "Salut ! Entre..." Tout en me faisant un geste amical me priant d'entrer dans la chambre. L'interview ne commence pas de suite : Jérémie m'improvise un sketch pour un pseudo-entretien d'embauche ! Lui joue l'embaucheur et moi ... l'embauché ! Ya pas à dire : même s'il a joué dans des grosses productions comme "Les amants criminels" ou encore "Le pacte des loups", il a un humour à toute épreuve et la tête bien accrochée sur les épaules. Je comprends mieux désormais pourquoi les attachées de presse étaient sous le charme! Jérémie a su garder la fibre fêtarde belge qui nous caractérise... (Soyons chauvin, ça ne tue pas!).

S'enchaîne ensuite son interview proprement dite : sa jeunesse à Bruxelles, son premier casting pour "Toto le héros" qu'il n'a pas remporté, ses cours de cirque, cours qui lui ont laissé des traces : quel clown! On n'a bien évidemment pas oublié de parler de son rôle qui l'a lancé avec "La promesse" ainsi que du film qu'il est venu défendre au festival. Le tout bien sûr entrecoupé d'imitations en tout genre, sketchs et dessins gribouillés sur un bout de papier (Ah ! oui, on a oublié de vous dire qu'il a aussi fait des études aux Beaux-Arts... Décidemment, il a tout fait ce mec !).

Le film en quelques mots :

"Violence des échanges en milieu tempéré" de Jean-Marc Moutout

A 25 ans, Philippe (Jérémie Renier) arrive de province pour intégrer à Paris un grand cabinet de consultants en entreprise. Le matin de son premier travail, il rencontre Eva, jeune mère célibataire dont il s'éprend.
Sa premiere mission, qu'il aborde avec enthousiasme, est de préparer le rachat encore confidentiel d'une usine par un grand groupe. Ses premiers rapports sont convaincants et il gagne la confiance de son chef qui lui confie une nouvelle responsabilité : sélectionner le personnel apte à travailler dans la nouvelle organisation de l'entreprise. Dès lors, Philippe doit convaincre Eva du bien fondé de sa tâche et faire face aux hommes et aux femmes dont il prépare le licenciement.

Un rôle pas facile pour notre compatriote mais qu'il a joué avec prouesse.
Pas facile de par la longueur des dialogues et des termes pointus
d'entreprise qui l'ont d'ailleurs ammené à aller sur le terrain pour
comprendre la mécanique du métier de consultant. Il s'est incrusté dans de réelles réunions ! Ni plus, ni moins ! Pas facile aussi parce qu'il devait jouer constamment le juste milieu : il doit donner au public cinéphile l'image d'un type qui à une assurance à toute épreuve et une fragilité à la fois. Délicat à jouer. Pari relevé !

Jérémie Renier


Reportage : Thomas Turillon  

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