Chercheur
à l'ULB, Christophe Soil est également responsable des
jeunes socialistes bruxellois et durant le Forum, rapporteur
des débats de l'atelier : "La culture : politiques
publiques ou stratégies commerciales".
..." J'ai choisi ce
thème-là et j'ai demandé à y travailler parce que
c'est celui - de très loin - dans lequel il y a le plus de
sujets qui m'interpellaient à titre personnel puisque je
suis économiste. C'était véritablement celui où la
dimension culturelle et commerciale s'affrontaient de la
manière la plus claire.
Ce serait
trop ambitieux d'imaginer que le Forum "Libérer la
culture" est censé apporter quelque chose à la
culture au sens noble du terme. Je pense que le Forum
apporte quelque chose à la politique culturelle.
C'est-à-dire : que doit faire le monde politique au regard
de la culture ? Que doit-il apporter comme politiques pour
remplir l'objectif fondamental de démocratisation
culturelle ? Je pense là que le Forum sur le fond était
extrêmement nourri. Il a donné beaucoup d'éléments qui
peuvent former l'armature d'un programme en la matière avec
des revendications à la fois financières et structurelles.
Des éléments qui allaient de l'organisation d'un
soutien à la politique culturelle au niveau local jusqu'aux
négociations internationales qui doivent avoir lieu pour
préserver le principe même de la politique culturelle.
Nous avons réussi à balayer l'ensemble du champ. Il y
avait sûrement matière à dire des choses plus
intelligentes, plus brillantes et plus pertinentes mais nous
avons essayé d'avancer sur des idées concrètes qui
pouvaient être utiles.
La culture est aujourd'hui
emprisonnée dans toute une série de contraintes. La
première : c'est certainement la contrainte financière. On
n'a pas les moyens et on ne donne pas les moyens à ce
secteur de se développer et de réaliser sa mission. La
culture est aussi développée dans la contrainte du
conformisme de la marchandisation.
Ce qu'on appelle la
mondialisation libérale qui enserre la culture dans un
cadre à travers des médias dans sa forme la plus réductrice sans doute. Libérer la culture, c'est la
libérer qualitativement pour lui permettre de retrouver
toute la richesse de sa dimension et c'est la libérer
financièrement pour lui permettre d'atteindre notre
objectif qui est celui de la démocratisation ..."