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        Forum ULB Bruxelles 
       13 décembre 2003

Serge Regourd

Professeur de Droit à l'Université de Toulouse, spécialiste du Droit de la culture et de la communication, il vient de publier un livre "L'exception culturelle" (édité chez PUF).

  
... "Cet ouvrage remet en cause les évolutions actuelles de la culture et de la communication qui tendent à tout soumettre au marché, c'est-à-dire la libéralisation, le libre commerce... qui ont pour effet d'évacuer un certain nombre d'activités culturelles et de remettre en cause les financements de la culture. Il faut savoir que la plupart des activités culturelles ne sont pas rentables et qu'elles ne peuvent exister que grâce aux financements publics.

  Dans les logiques actuelles de libéralisation et du principe de la concurrence, les financements publics sont de nature à fausser la concurrence, à entraîner ce qu'on appelle des distorsions. Depuis des années, on assiste à une offensive notamment dans le cadre de l'OMC qui tend à remettre en cause cette possibilité des pouvoirs publics de financer des activités culturelles comme le cinéma en France qui est une activité importante et qui n'a pu se sauver que grâce à ces financements publics. Si ces financements n'existent plus, seules des grosses productions de divertissement marcheraient. Le public n'aurait plus accès qu'aux films américains comme cela se produit déjà dans la plupart des pays européens avec en moyenne 80 % de part de marché. Quant aux productions nationales, elles n'existeraient plus ou seraient marginales et même plus vues par un jeune public. Seul subsisterait l'imaginaire américain. Voilà le constat !

 

La question fondamentale et sociétale est : comment faire en sorte que le plus grand nombre puisse accéder aux oeuvres tous domaines culturels confondus ? Toutes les études réalisées font apparaître une logique de standardisation autour d'un certain nombre de produits dominants notamment anglo-saxons. 

  Prenons un exemple : le catalogue des films de DVD en France est aujourd'hui de 6.000 titres. Or, en VHS, c'était plus de 30.000. Plus on est dans des logiques industrielles, plus on standardise autour de titres dont on sait qu'ils vont marcher. A l'inverse, des oeuvres plus difficiles restent à l'écart et cela pose un problème d'accès à l'oeuvre. La question des modalités d'accès, de la démocratisation de la culture est une question politique. Voilà pourquoi je me réjouis de ce type de Forum où les questions ne sont pas abordées uniquement entre artistes et créateurs mais aussi avec des politiques qui ont une responsabilité fondamentale s'ils ne mettent pas en oeuvre les politiques publiques adéquates..."

                   
La question de l'enseignement

                        

Reportage : Carole Demol et François Makanga


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