|
Léa
: "...
J'ai connu
Jules quand j'avais 18 ans. Lui en avait 20. Durant la guerre,
lors d'un
concours de chant à Bruxelles, il a eu le 3e
prix.
150 de ses copains y avaient assisté. Après le concert,
un imprésario est venu le voir et lui a proposé d'entrer
comme chanteur dans une opérette. Il a dit : "oui,
mais je suis en âge
d'être pris pour aller travailler chez les Allemands". Alors le monsieur lui
a fait comprendre qu'il n'y avait pas de problème et
qu'il lui donnerait une dérogation,
car en temps
de guerre on chantait quand même pour les Allemands. Jules lui
a dit alors non, sans lui expliquer qu'il était dans la
résistance. De ce fait, il a commencé à faire des
apparitions dans les petites fêtes de village et c'est à ce
moment que je l'ai connu...
C'était un homme foncièrement gentil. Il ne pouvait
s'empêcher de penser aux autres. Un jour, à la gare, une dame
lui téléphone et lui dit : "vite vite, appelez la police, on
a volé dans mon
magasin". Jules lui demande de quel côté les voleurs sont
partis. "En direction de Ghislenghien, lui répond-elle. Ni une ni deux,
Jules téléphone à des amis qui
travaillaient à la gare et leur dit de fermer les barrières.
Un coup de téléphone à la gendarmerie et les voleurs
sont arrêtés grâce à Jules...
Le don de soi
Marie-Paule
: "... C'était
un père qui s'occupait beaucoup de nous. Lorsque j'étais jeune fille, il montait se coucher après
tout le monde. Il passait dans ma chambre pour voir si je
dormais et alors que j'aimais avoir la porte fermée, il la
laissait entre-ouverte. Juste pour entendre s'il n'y avait
pas un problème. Ensuite je me relevais et j'allais fermer la
porte. J'ai assez bien de souvenirs avec lui car nous étions
assez proches. Mais nous ne parlions pas tellement.
Evidemment,
il voulait que j'apprenne la musique et pour mes 14 ans, il
m'a acheté une guitare. J'ai ensuite suivi des cours. Mais
comme je n'étais pas très courageuse et que je n'aimais pas
beaucoup, j'ai arrêté. Malgré tout, j'ai reçu cette guitare pour
mes 14 ans; maintenant j'en ai 53 et je l'ai
toujours !
Il est clair que nous
étions fiers de lui et que nous l'avons toujours été. Petite,
j'allais le voir chanter ou jouer au
théâtre et je ressentais une certaine émotion en le voyant
entrer dans la salle. C'était mon papa.
Je suis vraiment
très contente de l'hommage qui lui a été rendu durant la soirée
cabaret à l'Ecomusée de La Hamaide.
Le
défaut de Jules des Collines
|